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 Histoire

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Dukett
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MessageSujet: Histoire   Sam 31 Oct - 12:21




Carron a, comme son prénom peut l’indiquer, du sang écossais dans ses veines. Et la raison de sa naissance sur le sol américain est toute simple : la ruée vers l’or. Ses grands-parents ont en effet quitté leur Ecosse natale et tant aimée à la fin des années 1840 pour migrer vers la Californie et ses promesses d’or et de richesse. Ça leur a plutôt réussie, d’ailleurs ; Craig s’est avéré plutôt bon chasseur d’or (ou chanceux, comme vous voulez), tandis qu’Emily avait rouvert une petite boutique d’herboristerie où elle était également couturière, et ils avaient eu un fils, Malcolm. Petit bout d’homme qui, bercé par les histoires de sa mère très attachée au folklore et à la mythologie celte, deviendrait plus tard un chasseur non pas d’or, mais de bestioles pas très naturelles.

Mais ce n’est pas l’histoire de Malcolm qui nous intéresse (quoi que son agression par un loup-garou, qui le lança sur la voie de la chasse, soit plutôt captivante), seulement celle de son fils, Carron, né le 20 Octobre 1897, premier jour d'automne. Le garçon aurait pu avoir une enfance tranquille, dans la demeure familiale, avec ses grands-parents paternels et ses parents. Oui, enfin, ça n’était pas le cas : certes il y avait les grands-parents (Dieu soit loué), il y avait plus ou moins sa mère… Mais Malcolm était aux abonnés absents, jamais présent ou, quand il rentrait miraculeusement quelques jours, c’était un homme grognon, solitaire, limite violent – violent lorsque soul – et qui dépossédait peu à peu les Blackwood de leur fortune. Pas vraiment la figure paternelle rêvée.

A cette époque où Carron était certainement le seul de sa famille à ne se douter de rien, c’est la présence de sa grand-mère qu’il préférait entre toute. Non pas qu’il n’aimât pas sa mère, mais elle avait repris le petit commerce d’Emily et, même si elle s’appliquait à en faire le plus possible, n’était pas toujours là pour son fils. Il était encore loin de penser à la sorcellerie lorsque sa grand-mère lui apprenait les bases de l’herboristerie en lui racontant des légendes celtes, et qu’il se montrait un élève attentif et curieux, minutieux et appliqué. Et puis, il y avait cette cheminée, et le feu qui dansait à l’intérieur et le fascinait. Il imaginait sans peine, dans l’ondulation des flammes, quelques farfadets dansant. Il appréciait ce calme et cette insouciance, il aimait être coupé du « monde réel » qu’il trouvait trop fade. Le garçon, dès qu’il eut appris à lire, aimait se perdre dans ces récits surnaturels, préférant la magie à tous ces autres romans trop terre à terre à son goût. Il n’avait alors pas particulièrement d’ambition ; aider sa mère à la boutique en s’occupant de la partie « herboristerie » (il s’avait que ce n’était pas son fort), tout en écrivant des poèmes, voire des histoires. Car, voyez-vous, Carron est (et restera, selon lui), un homme délicat aimant la poésie.

Mais Malcolm avait d’autres projets pour son fils. Qu’il réussisse ses études ou pourrisse dans une petite boutique, peu importe ce que Carron voulait : il devait devenir chasseur. Et tant pis s’il n’avait jamais été là pour lui jusqu’à présent, tant pis s’il risquait de perdre son enfant dans cette folie. La chasse les réunirait, pour le meilleur ou pour le pire : et si Carron mourrait, c’est qu’il était faible et inapte à la vie qui l’attendait. Le gamin avait à peine quinze ans et dévorait « The Marriage of Heaven and Hell » de William Blake – son poète britannique favoris – lorsque son père l’emmena, pour la première fois, à la chasse. La chasse aux Sorcières. Ce que n’avait pas prévu Malcolm, c’était l’ampleur de la rancœur que sa progéniture avait à son égard, ni l’émerveillement qui allait le prendre en découvrant que ce qu’il adorait existait, et encore moins le dégoût qu’il allait ressentir lorsque le Chasseur allait tuer cette pauvre sorcière inexpérimentée. C’était pourtant le point de départ d’un long conflit entre le père et le fils, qui ne pourrait plus jamais avoir une fin heureuse. Car comment pourrait-il y avoir une fin heureuse lorsque le père et le fils deviennent la proie l’un de l’autre ?...



Carron n’avait jamais été un petit garçon modèle. A vrai dire, il avait toujours eu quelques problèmes avec l’autorité et les règles trop étriquées. Pourquoi, par exemple, n’aurait-il pas le droit d’apprécier le corps des hommes autant que ceux des femmes ? De rester auprès de sa mère ou de sa grand-mère lorsqu’elles faisaient la cuisine ? De lire des poèmes sous un arbre en fleurs ou de vadrouiller dans la neige pour le simple plaisir d’être dehors ? Eh quoi, vous pensiez aussi qu’il avait toujours appris ses leçons par cœur et qu’il n’avait jamais triché pour être si bien classé à l’école ? Désolé de vous décevoir, mes chéris. Carron est loin d’être l’enfant modèle et obéissant désiré par son père, ce qui explique en grande partie qu’une fois qu’il fut mis au courant de l’existence du surnaturel, il se pencha encore plus sur le sujet, ne se contentant plus seulement des romans comme Dracula. Il réussit à mettre la main sur quelques livres plus intéressants les uns que les autres, jusqu’à tomber sur un vieux grimoire, au fond d’une boutique d’antiquités poussiéreuses.

Cela ne manqua pas d’attirer l’attention d’un homme, qui n’eut qu’à faire danser quelques flammes entre ses doigts pour fasciner le jeune homme de dix-sept ans. Le deal était simple ; Carron gardait son paternel à l’œil et veillait à ce qu’il ne vienne pas mettre le nez dans ses affaires, et il lui enseignait la sorcellerie. Il ne lui en fallu pas plus ; de toute façon, ce n’était pas comme si le jeune homme adorait le Chasseur qui lui servait de géniteur. Et si l’apprentissage ne fut ni facile, ni de tout repos, c’est avec la même passion que lorsque sa grand-mère lui enseignait l’herboristerie qu’il s’adonna à la sorcellerie – et peut-être même avec plus d’assiduité encore.

Ce fut une drôle de période, durant laquelle il devait jongler entre sa famille et le sorcier, cacher ses activités à son père plus qu’à tout autre personne et veiller sur sa grand-mère qui commençait à se faire vieille. Ce fut également la saison de ses premiers amours, une charmante demoiselle prénommée Mary. Il réussit à jongler entre ces trois parties de lui-même pendant plusieurs années, jusqu’à une série d’évènements qui ébranlèrent quelque peu son esprit organisé, réglé comme du papier à musique. Il avait vingt-et-un an lorsque sa grand-mère mourut, sans souffrir, dans son sommeil. Plus perturbé qu’il ne voulait bien l’admettre, le jeune homme décrocha totalement, ne faisant des efforts de concentration qu’en présence du sorcier. Puis ce fut au tour de Mary de l’abandonner, le jour où elle découvrir que son ami ne rentrait pas tant que ça dans la norme sur le plan de ses préférences sexuelles (parce qu’il n’en avait justement pas) et qu’il ne se privait pas de le montrer. Affligé par cette rupture qu’il jugeait totalement injuste, il se plongea corps et âme dans ses études, allant jusqu’à pratiquer dans sa chambre, accumulant des erreurs qui mettaient le doute dans l’esprit de son père.



L’arrivée soudaine d’un Familier dans sa vie le déstabilisa tout autant, mais lui permis de remonter à la surface. Malheureusement, cela était loin de signifier du repos pour Carron, qui devait à la fois veiller sur lui-même et sur Jedikiah (bon, d’accord, vu l’âge du bestiau, c’était plutôt l’inverse), tout en faisant attention à ne pas conduire son père, directement ou indirectement, jusqu’à son « maître ». C’est pourtant ce qu’il fit, à cause des erreurs accumulées durant sa période néfaste… Il se sentait en bonne voie, pourtant. Il avait encore du trajet à faire, il le savait bien, mais Carron était plutôt fier de lui ; les flammes commençaient à danser dans ses mains, et il était plutôt doué lorsqu’il s’agissait de concocter des potions – merci mamie, paix à ton âme. Mais tout doux songe à une fin, et s’il put mener cette double-vie pendant quelques années encore, il n’avait pas trente ans lorsque son père découvrit son secret.

Carron ne s’y était pas attendu. Certes, ce n’était pas la meilleure des situations, entre Jedi’ qui devait se cacher, et lui qui devait toujours surveiller ses arrières. Mais il ne s’était décidément pas attendu à voir un jour son père débarquer en hurlant - alors qu’il s’apprêtait lui-même à sortir - et lui en décoller une qui l’expédia au sol, l’y laissant, choqué. Mais si seulement ça c’était arrêté là. Si seulement son père ne s’était pas mis à hurler toutes les insultes du monde, toutes les critiques qui lui venaient à l’esprit pour descendre son sorcier de fils plus bas que terre, si seulement il n’avait pas été soûl et ne s’était pas mis à le rouer de coups avant de le traîner jusqu’à sa chambre et l’y enfermer. Le jeune homme avait fermé son esprit pour éviter que Jedi’ tente d’y faire un tour, voir pourquoi il n’était pas là. Sa mère vint le voir après qu’elle eut convaincu Malcolm de ne pas tuer son fils – pas tout de suite – et elle s’occupa de panser les quelques blessures, en nettoyant le sang et le recousant comme elle pouvait.

Son fils voyait bien que, malgré tout l’amour qu’elle avait à son égard, une petite lueur de crainte brillait dans son regard. C’est ce qui lui fit prendre sa décision ; après s’être reposé quelques heures, il réunit rapidement les affaires dont il avait besoin dans une malle, et s’échappa en silence, allant rejoindre Jedikiah le plus rapidement qu’il put avant de s’effondrer à moitié devant lui. Il ne tenta même pas de l’empêcher d’aller tuer son père dans leur jardin. Pour ce qu’il en avait à faire, pour ce que cet homme lui avait pris, il n’avait aucun scrupule à le laisser se faire tuer. Il regrettait seulement de n’avoir pu assister au spectacle. Après ce fiasco, Carron récupéra toutes les affaires du défunt sorcier, et ils fuirent.

C’est à compter de ce jour qu’ils taillèrent la route. Ce ne fut pas forcément aisé, surtout au début. Il lui fallait apprendre à supporter le Familier qui n’avait pas toujours un caractère facile (mais il savait pertinemment qu’il n’était pas toujours adorable lui-même), et l’écouter expliquer les règles de la communauté tout en continuer à s’entrainer encore et encore. Changer de maison lorsque ça devenait risqué, et – pendant de longues années – dépendre de son compagnon parce que pas assez puissant. Combien de fois Jedi’ lui avait-il sauvé la vie, où c’était-il crevé à le surveiller pour éviter que son Sorcier ne meurt prématurément ? Carron serait bien incapable de le dire, souvent bien inconscient des efforts déployés par son Familier. Il n’en était pas moins reconnaissant pour autant, pouvant enfin mettre à profit ses talents culinaires (entre autre). Céder à la tentation et enfreindre les règles, fuir à nouveau, foutre le bordel et changer de maison, se mettre les voisins à dos et reprendre la route, se poser – enfin... On s’accommodait rapidement de ce genre de vie, bien plus vite qu’il n’avait pu le croire.



Mais ce genre de vie – qui ressemblait fort à une éternelle situation de fuite – ne voulait pas dire pour autant que l’on parvenait à échapper à tous les dangers. Surtout quand votre Familier avec une sérieuse tendance à aimer mettre le bazar là où il passait… Parmi ses plus mauvaises expériences, le sorcier comptait la fois où il avait eu le malheur de vouloir essayer de s’intégrer un peu à peine arrivé dans un nouveau village, et où il avait présent Jedi’ comme étant son frère. Et que celui-ci s’était amusé à les faire passer pour des frères incestueux. Carron avait certes vécu pire mais, allez savoir pourquoi, cette soirée l’avait marqué (et ce fut leur plus court séjour quelque part). Au moins, il retenait les leçons, que ce soit sur ce qu’il devait faire – ou ne pas faire – pour éviter ce genre de situations, ou par rapport à son statut de sorcier. Eh oui, il parait qu’il ne fallait pas trop chercher des sorciers plus vieux que vous de trois cent ans, et qu’il valait mieux fuir plutôt que d’affronter un petit groupe de chasseurs – surtout s’il s’agissait des Winchester. Tsé. Heureusement que Jedi’ était là pour surveiller le derrière de son sorcier, sinon ça ferait un moment qu’il mangerait les pissenlits par la racine (pour peu qu’il puisse manger les pissenlits par la racine, en Enfer).

D’ailleurs, en parlant des Winchesters, on ne pouvait pas dire qu’ils soient inactifs, ces deux-là. C’est qu’en ce moment, il s’en passait, des choses, qu’elles aient touché le sorcier de près ou de loin. Ça avait commencé par l’Apocalypse, et les démons qui surgissaient de partout. Mais s’il avait cru que l’Apocalypse fut la pire chose qui ait manqué d’arriver, il se trompait : les Léviathans arrivèrent juste après. L’espionnage servant parfois, je ne vous raconte pas comment il a été difficile de tenter d’empêcher Jedikiah de manger n’importe quoi… Puis la Chute des Anges. Un soir, des centaines d’étoiles filantes qui traversent le ciel pour tomber sur Terre… Mais non, pas des étoiles, des anges. La stupeur, l’inquiétude, les interrogations. Et ne dites pas que les Winchesters ne sont pas des catastrophes ambulantes. […]
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