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 06 - Carnage Book

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Dukett
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MessageSujet: Re: 06 - Carnage Book   Mer 23 Jan - 15:48


    Le dieu ne paru pas enchanté de se voir insulter ; ce fut même tout l'inverse. Et le regard qu'il lui adressait semblait lui promettre milles tortures, milles morts. Mais elle s'en était totalement foutu, trop en colère alors pour y faire attention, et ne s'en inquiétait qu'à peine maintenant qu'elle était contre la paroi de la grotte, parce que oui, si vous en doutiez, ce n'était sans doute pas la chose la plus efficace à faire pour flatter l’ego de Loki et obtenir un billet de retour sur Terre. La question qu'elle se posait surtout était ; pourquoi ne pas l'avoir tué alors qu'il semblait en avoir grandement envie ? Qu'est-ce qui le retenait de lui tordre le cou, de lui briser les os ou de l'étriper, de lui arracher le cœur avant de le lui faire avaler ? - oui, l'imagination peut aller très loin dans l'horreur. Qu'est-ce qu'elle faisait encore là, hein ?

    - Loki : Maintenant que la petite fille s'est roulée par terre pour obtenir de l'attention... Peut-être peut-elle me lâcher avant que je ne lui brise les deux poignets. Cela facilitera le travail des jotuns.

    Elle n'aurait pas passé ses nerfs sur Loki, cette remarque aurait certainement fait fondre la glace au-dessus de leur tête. Parce que s'il voulait qu'elle fasse une autre crise et se roule par terre, il n'avait qu'à demander, elle s'exécuterait immédiatement. Comment voulez-vous qu'à force, elle ne devienne pas folle ? Pour l'heure, le cerveau de la rousse se concentra surtout sur la dernière partie de la phrase... Les Jotuns. Argh. A l'aide. Plutôt mourir noyée que mourir elle ne savait pas comment, par les méthodes barbares de ces monstres de glaces. Non non non. Ce n'était finalement pas une bonne idée d'exploser comme ça, surtout face à un dieu. Parce qu'aussi loin qu'elle s'en souvienne, ça ne lui était pas arrivé souvent et... Elle n'avait jamais été aussi grossière en si peu de temps. C'était, en plus, exactement la personne à qui il fallait montrer le moins de respect, autant pour elle... Vraiment, apprends à te taire, Victoire. Et son regard triste et désolé à l'intention du dieu ne changea absolument rien à l'aura meurtrière qu'il dégageait.

    Et alors qu'elle lançait un regard noir au Mandarin – bah quoi, tout était de sa faute ! - ce dernier se permit, à ses risques et périls, d'adresser la parole au dieu, quoi que d'un ton beaucoup plus doux et servile que le sien quelques minutes plus tôt et à grand renforts de compliments et flatteries. Elle devait admettre que ses paroles attisèrent sa curiosité et qu'elle observa avec une attention toute particulière l'hologramme qui apparu dans les airs, notant dans un coin de son cerveau les informations données par le Mandarin – n'avait-elle pas dit qu'elle écrirait ses mémoires si elle sortait d'ici vivante ?

    - Mandarin : Ceci est l’anneau Draupnir, la bague sacrée d’Odin qui témoigne de son autorité sur le monde. Elle lui fut dérobé par Gerroed le maudit qui fut en son temps son ennemi juré. Il l’a banni dans une sorte d’anti-monde, l’enclave infernale où il réside en exil avec ses guerriers sanguinaires aux mœurs très rudes. Mais malgré sa défaite, l’ignoble Gerroed conserva la bague. Or cet anneau sublime est le seul artefact à pouvoir ouvrir les portes de la forteresse invisible bâtît par les walkyries au fin fond du cosmos. Dans cette forteresse, Odin y fit placer la fresque du monde où il y inscrivit son nom. Il y a également fait marquer le nom de Thor en dessous du sien car il est son fils héritier. Voilà ce que je te propose Loki le superbe, nous allons dérober pour toi l’anneau Draupnir et tu pourras accéder grâce à lui à la forteresse invisible, tu seras libre d’effacer les noms de Thor et Odin pour y graver le tien. Dans l’inconscient de tous les êtres de l’univers tu seras alors le maître d’Asgard, tous t’acclameront et te désigneront comme souverains légitime, ils voudront tous la fin d’Odin et réclamerons que ce soit toi qui prenne place sur le trône des 9 mondes et non Thor. En échange, tu nous feras accéder au Bifrost. Alors grand Dieu ? Ta réponse ?

    Même si la bibliothécaire n'était pas vraiment pour l'idée d'effacer Odin et Thor de la mémoire collective – une vraie mine d'or ! Qu'allaient devenir tous ces documents mythologiques si intéressants ? Des pertes. Des vérités devenues foutaises. Et son pouvoir, sa mutation, dans tous ça ? Allait-elle savoir qu'il s'agit là d'une ancienne vérité, et certainement être prise pour une attardée par les historiens, ou le nom de Loki sur cette... Fresque du Monde allait également altérer ça ? Sur le plan culturel, ce n'était pas une superbe idée. Mais pour le reste, oui, pourquoi pas. Elle détailla Loki du coin de l'œil, qui semblait s'être légèrement apaisé. Légèrement. Effectivement, avec son port fier et hautain, la couronne pourrait bien lui sied. Et, pour peu qu'il finisse par lui pardonner l'affront d'un peu plus tôt, ça ne pouvait que la réjouir.

    Elle vit Loki ouvrir la bouche pour répondre, sans pour autant entendre ses paroles. Elle fronça les sourcils. Quoi, pourquoi n'entendait-elle rien ? Quelques cellules avaient explosé dans son crâne, la rendant sourde ? Elle cligna des yeux, inquiète, mais les rouvrit sur une tout autre scène.

    Premièrement, et c'était un élément notable et agréable, il ne faisait plus froid. Elle se sentait bien. Et puis, elle ne savait pas où elle était exactement, à par qu'il y avait un lit, et qu'il était confortable. Tout autour étaient disposés moult mets savoureux, lui rappelant qu'un peu plus tôt, elle avait eu faim. Elle nota également sa nudité – où diable étaient passés ses vêtements ? - tout en sentant qu'elle n'était pas seule. Victoire détourna le regard des assiettes pour... Oh, le bel homme. Euh, mais euh. Oui. Comment était-ce possible ? Voilà à peine deux minutes, on aurait dit qu'il voulait l'assassiner ou la jeter en pâture aux Jotuns et là... Ben là, il était étendu sur le lit, à côté d'elle, nu. Ses yeux s'agrandirent légèrement tout en glissant rapidement vers le visage de Loki. Bon dieu. Que s'était-il passé ? Où était-elle, pourquoi... Elle cessa tout bonnement de réfléchir quand il la prit dans ses bras. Trop doux. Il semblait trop doux. Et puis finalement, elle ne fut même plut capable de penser alors qu'ils s'embrassaient. Au diable les explications ; elle n'allait tout de même pas se plaindre d'une telle situation, au contraire ! Ses joues s'empourprèrent alors qu'il versait du champagne dans son nombril, avant de le laper. La rousse se colla contre lui, posant sa tête sur son torse et entourant ses hanches de ses bras, fermant les yeux et goûtant à un bonheur simple après le cauchemars qu'était le monde de glace.

    - Mandarin : Oulah, je crois que j’y suis allé trop fort pour l’illusion, elle a l’air ailleurs là. Cher enfant, vous m’entendez ?

    Hmm ? C'était quoi, ça ? C'était pas Loki en tout cas. Et puis d'abord, quelle illusion ? Et pourquoi commençait-elle à sentir le froid ? Tout disparaissait mais... Non, non ! Elle ne voulait pas, elle voulait rester là-bas !

    Elle se demandait bien comment elle avait put s'endormir. Et pire encore, faire un tel rêve. A moins que ce ne soit pas un rêve, mais de la magie ?... Victoire ne savait pas trop dans quelle position elle se trouvait alors, mais elle se sentit sauvagement relevée par quelqu'un – ou quelque chose – qui lui avait attrapé les poignets. Elle battit des paupières à plusieurs reprises, la froideur de la glace remplaçant les doux tons de son songes. Et le froid tout court l'assaillant de nouveau, provoquant une suite de frémissements – maudite mutation. Elle allait finir par faire une hypothermie à ce rythme-là ! Elle leva ses yeux encore un peu embrumés vers celui qui l'avait redressé de force.

    - Loki : Debout. Si tu veux rejoindre tes pénates chauffées, essaye de faire partie du plan au lieu d'être une récompense geignarde ou un poids mort.

    Ton sec, presque cassant. Loki. Dur retour à la réalité. Elle serra les paupières pour reprendre ses esprits. Faire partie du plan ? Quel plan ? Ah, oui ! La bague, l'anneau, le Précieux ou elle ne savait plus trop quoi. Bien sûr qu'elle allait faire partie du plan, elle aimait l'aventure après tout. Même si elle aurait certainement l'impression d'être légèrement inutile – les hommes ont toujours tendance à sous-estimer les femmes – elle ferait tout ce qu'elle pourrait pour l'aid... Pour les aider. Et puis ainsi rentrer chez elle, ou au moins sur Terre, à l'occasion. Et comment ça, ''une récompense geignarde'' ? Elle n'avait jamais demandé à être une récompense, elle ! M'enfin, s'il en voulait, de sa ''récompense'', et bien... Elle était là. Juste là. Mais il allait falloir la mériter, parce qu'elle était bien décidé à ne pas être un ''poids mort'' et, au contraire, se montrer d'une grande aide, voir même devenir irremplaçable et indispensable. Façon de parler.

    Le dieu des mensonges se retourna vers le Mandarin sans la lâcher, et elle en profita pour se concentrer sur les mains de Loki autour de ses poignets ; même si sa peau était plus fraîche que la normale, elle dégageait tout de même une certaine chaleur comparé à l'air glacial de Jotunheim et, au point où elle en était, tout était bon pour récupérer un peu de chaleur.

    - Loki : Tant que je n'ai pas l'anneau, je vous tiens en laisse. Ou vous laisse ici, à vous de choisir. Alors. Par où nous arrêtons-nous en premier ?

    Les yeux bleus de la rousse se posèrent sur le Mandarin pour quelques secondes, se demandant finalement si sa solution était bien fiable. De toute façon, il était trop tard pour faire machine arrière s'ils ne voulaient pas être voués à une mort certaine ; quoi qu'ils risquaient bien de se battre pour rester en vie.

    - Victoire : Je ne comprends pas ce qui est arrivé. chuchota-t-elle en s'empourprant légèrement au souvenir de l'illusion. Mais je ne serais pas un poids mort... Du moins, quand il fera moins... Froid. fit-elle doucement.

    Parce que oui, c'était bien beau mais ils semblaient ne pas se geler sur place, tous les deux, alors qu'elle, on ne lui avait pas laissé le temps de se couvrir. Plus vite ils quitteraient ce monde de fou, plus vite elle pourra leur être utile – dans la mesure du possible.
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Billy F. de Kerangal

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MessageSujet: Re: 06 - Carnage Book   Mer 23 Jan - 15:55

Le Mandarin a écrit:
Miracle ! Loki semblait favorable à son projet ! Ainsi il ne resterait pas éternellement jusqu’à ce que mort s’ensuive sur ce vulgaire cailloux glacé au fin fond du cosmos. Quand on pense que des gens avaient trouvé utile de donner un nom à cet endroit déplorable. Le Mandarin était plus que ravi ! Il s’empressa de répondre à Loki :

« N’y voit nul malice grand dieu, tu es ma seule solution pour rentrer vivant sur terre et je n’ai absolument rien d’autres à t’offrir qui puisse t’intéresser en dehors de ça. Pour toi le marché semble douteux car trop généreux, mais pour moi le marché est honnête car je n’ai pas le choix si je veux rentrer sur terre un jour. »

Mais alors que Loki empoignait vivement Victoire avec une désinvolture brutale, le Mandarin se surprit lui-même à ressentir une émotion qui ne le traversait pour ainsi dire jamais, de la pitié. Peut-être parce qu’elle lui rappelait sa fille Sasha. La même folie face à plus puissant qu’elle, la même fougue quand elle n’avait plus rien à perdre. Aussi le Mandarin prenant sans s’en rendre compte un air de vieux sage oriental heurté dans sa dignité, il dit au dieu :

« Je ne crois pas qu’il soit bien utile de violenter cette jeune fille. Même quand je suis en territoire conquis je n’accable pas inutilement le vaincu. »

Sauf si c’était Iron Man bien sûr, mais ça c’était une toute autre affaire.

« Bien, nous pouvons dès maintenant nous rendre dans l’Enclave où Odin a banni Gerroed et sa horde. Elle se trouve aux confins d’Ygdrasil, là où résidait l’odieux serpent Nidhogg au commencement des temps. Là où le géant Ymir en personne fut terrassé par le noble Heimdall d’après les légendes. »

Plus tard

Ils se téléportèrent dans les terres désolés de Gerroed et firent un pas sur le sol aride. Le Mandarin se tourna vers ses deux compagnons de voyage et leur dit :

« Je vous préviens, cet endroit est… comment dire… l’inverse d’Asgard. La demeure d’Odin se situe au milieu des vergers en fleurs et de la verdure la plus exquise qui soit, alors que la terre noircie de Gerroed donnerait des indigestions à Galactus. La demeure du dieu borgne est un palais d’or à nul autre pareil, la forteresse de Gerroed n’est qu’amoncellement de pierre triste. Les asgardiens sont des êtres raffinés et nobles, les soudards de Gerroed sont des rustres sans aucune manière qui s’habillent en peau de bêtes et casques à cornes. Bref n’en soyez pas troublé. »

Ils marchèrent à travers la plaine désolée jusqu’à la porte d’enceinte de la triste forteresse de l’ennemi juré d’Odin. Le soldat de garde devant la porte les observa méfiant :

« Qui va là ! »

Le Mandarin murmura aux deux autres :

« Surtout laissez-moi faire. »

Puis s’approchant vers l’homme d’arme en faction avec un sourire affable sur son visage, il lui dit sur un ton amical :

« Nous sommes des voyageurs itinérants qui demandons le gite et le couvert pour la nuit à Gerroed le puissant. »

« Et pourquoi donc je ferais baisser le pont-levis pour des miséreux comme vous ? »

« Mais parce que nous ne sommes pas n’importe qui ! Nous allons égayer le banquet de ce soir par nos multiples talents ! »

« Ah ouais ? Vous faîtes quoi au juste ? »

« Eh bien moi, je suis Gunnar le barbu, le troubadour de Midgard comme vous pouvez le voir à ma riche étoffe, je connais de nombreux récits de batailles glorieuses. »

« Et la fille là ? Elle fait quoi ? »

Le garde s’approcha de Victoire tout en tendant sa main vers elle, mais le Mandarin chassa immédiatement sa main avant qu’il ne la touche.

« Ça c’est Ursula la vierge, elle chante et elle danse. »

« C’est tout ? »

« Non, elle jongle aussi avec des épées. »

« Et lui ? »

Il tendit sa main vers Loki pour le toucher mais le Mandarin agrippa aussitôt son bras.

« Surtout pas malheureux ! Si vous le touchez sans sa permission, il vous réduira en cendre ! »

« Lui ? Mais qui c’est ? »

« Allons, ne me dîtes pas que vous ne le reconnaissez pas ? Regardez plus attentivement son visage ! »

« Euh… »

« C’est le terrible sorcier de la dimension noire ! Le chamane du seigneur Dormammu ! Ses pouvoirs magiques et ses sortilèges maudit sont effroyables ! »

« Il s’appelle comment ? »

« Chut malheureux ! Il ne faut jamais prononcer son nom ! »

« A ce point-là ? »

Le Mandarin prit un air faussement affecté et dit à Loki :

« Excusez le maître, ce rustre ne pense pas à mal, il essaye juste de vous faire profiter de l’hospitalité des gens de sa condition. Il n’a pas les mêmes valeurs que vous. »

Visiblement impressionné par Loki, le garde cria en direction du rempart et on abaissa le pont-levis. En entrant dans le château, le Mandarin jubilait et expliqua aux deux autres :

« Ça marche ! Nous sommes dans la place ! Bien nous profiterons de la nuit pour fouiller les lieux et pour trouver dans quel donjon et dans quel coffre ils ont planqué l’anneau Draupnir. »

Le soir

La salle de banquet était vaste, Gerroed présidait et s’empiffrait comme un porc et avalait goulument l’une des espèces de carcasse de gibier qu’on avait disposé sur les tables. La bière coulait à flot et la bande de viking du seigneur des lieux s’en donnait à cœur joie en gloutonnerie et en chanson paillarde. Les 3 nouveaux venus attablés à côtés des autres avaient l’air de venir d’une autre planète. Le Mandarin vérifia que Loki regardait ailleurs et se pencha vers Victoire qui était assise à côté de lui et lui chuchota quelque chose à l’oreille :

« Mon enfant, je me suis rappelé soudainement quelque chose tout à l’heure en entrant dans cet endroit, aucun asgardien ne peut poser un pied en ce lieu, c’est une loi d’Odin, une puissante magie voulue par le père de toute chose fait barrière entre ce monde et Asgard pour éviter toute nouvelle guerre. Absolument AUCUN asgardien ne peut franchir la barrière et pourtant Loki est là avec nous, attablé à participer à ce banquet. Je crois qu’il n’est pas ce qu’il prétend être, ce n’est pas le sang d’un asgardien qui coule dans ses veines mais un autre. Il nous trompe, toi qui l’a déjà vu semble-t-il, es-tu bien sûr qu’il s’agisse de Loki ? »

Gerroed se mit alors à hurler comme un goret qu’on égorge :

« Toi le troubadour ! Viens donc nous raconter une de tes histoires ! »

Le Mandarin se leva aussitôt et quelque peu effrayé par la présence imposante du tyran qui avait par le passé défié Odin en duel, il s’approcha avec crainte.

« Voulez-vous entendre le récit glorieux de la charge du géant Ymir contre… »

« Non je veux une histoire drôle. »

« QUOI ? Par toutes les femmes du harem de Tony Stark! J'en connais aucune! »

« Si tu ne nous fait pas rire, je t’étripe sur place. Tiens raconte donc une histoire drôle sur Thor, je hais cet enfant de salaud, regardez ce qu’il a fait avec son marteau sur ma pauvre main. »

Gerroed leva sa main droite, il lui manquait deux doigts. Le Mandarin était au bord de la panique, il se dépêcha d’improviser une histoire drôle.

« C’est 3 humains qui observent une splendide tapisserie qui représente un épisode de la mythologie de Midgard, il y a Adam et Eve nues avec le serpent et la pomme. Le premier humain dit : regardez ce flegme et cette dignité, c’est sûr, ce sont les enfants de Loki ! Le second répond : Mais non, regardez comme ils sont jeunes et beau, ils sont les enfants de Sif. Le 3éme leur dit : mais non pas du tout, ils n’ont pas de vêtements, pas de maison, juste une pomme à manger et on leur dit que c’est le paradis, ils sont les enfants de Thor. »

La salle entière s’écroula de rire et ils s’esclaffèrent tous bruyamment pendant que le Mandarin soulagé soupira. Il ne se ferait pas massacrer par l’assemblée. Gerroed enchaina aussitôt :

« Et maintenant CHANTE ! »

« Par toutes les femmes du harem de Tony Stark! Mais je ne sais pas chanter ! Ursula la vierge par contre pourra… »

« NON ! J’ai dit CHANTE ! »

Le Mandarin au bord du malaise sortit de son répertoire la seule chanson qu’il avait en tête :

« ♫♫♫强有力的增长我的东西的胡须最♫♫♫
♫♫♫猎的古董的世界和光环,将掌握的最 ♫♫♫
♫♫♫这一机制将消灭一个铁人和战争、狩♫♫♫
♫♫♫自己的梦想是最强烈的,对于我而言♫♫♫
♫♫♫我正常中国人! 中国光明皇帝! 和我 ♫♫♫»


« AAAAAHH !!! ASSEZ !!! c’est nul !! »

Le Mandarin ne se fit pas prier et s’éloigna aussitôt pour regagner sa place, Gerroed beugla en direction de Victoire et Loki :

« A vous ! Montrez-moi ce que vous savez faire ! »
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Billy F. de Kerangal

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MessageSujet: Re: 06 - Carnage Book   Lun 4 Fév - 19:35

Loki a écrit:

    Loki se posait des question sur le marché proposé par le Mandarin : il avait après tout quelques raisons d'être méfiant, ayant dupé et été dupé plus qu'à son tour, et les circonstances extravagantes dans lesquels ils se trouvaient ne simplifiaient pas les données du problème. Ou plutôt si : le Mandarin n'avait plus rien à perdre, et sa vie dépendait de Loki. Le dieu n'avait qu'à maintenir l'homme dans cette situation précaire jusqu'à avoir l'anneau à son doigt, et tout se passerait merveilleusement bien. « N’y voit nul malice grand dieu, tu es ma seule solution pour rentrer vivant sur terre et je n’ai absolument rien d’autres à t’offrir qui puisse t’intéresser en dehors de ça. Pour toi le marché semble douteux car trop généreux, mais pour moi le marché est honnête car je n’ai pas le choix si je veux rentrer sur terre un jour. » Ah oui, c'était vrai que les humains accordaient un grand prix à leur misérable existence, et étaient prêts à tout pour la conserver. Loki était également dans ce cas, à l'exception que sa vie valait réellement un tel artefact, puisqu'il était un dieu.

    Puisque la chose était réglée, ils pouvaient passer à la suite et célébrer leur partenariat par une téléportation rapide et réussie ! … Enfin, dès qu'ils auraient réglés deux, trois petites choses, comme la fin de l'illusion qu'avait subit Victoire. Le dieu la relevait assez durement, sans recueillir la moindre résistance de la jeune humaine : la rousse semblait ailleurs, et avoir du mal à revenir au monde réel. Un dixième de seconde, la colère de Loki s'apaisa alors qu'il se demandait ce que le mandarin avait bien pu lui faire. Le dieu ne savait pas la teneur de l'illusion, et celle-ci aurait très bien pu être suffisamment terrible pour satisfaire sa vengeance envers la frêle humaine. Sans doute que non : l'outrage avait été profond, et Loki ne se remettait pas de son orgueil humilié par une imbécile asgardienne, qu'il fixait toujours d'un même air noir alors qu'il la maintenait debout. Elle semblait à peine tenir debout et la seule envie qu'il avait été de l'envoyer heurter le mur de la grotte, après lui avoir minutieusement broyé chacun des os de ses poignets.

    « Je ne crois pas qu’il soit bien utile de violenter cette jeune fille. Même quand je suis en territoire conquis je n’accable pas inutilement le vaincu. » Loki jeta un regard en coin au Mandarin avant de rouler des yeux avec exaspération et mépris : c'était lui qui venait lui dire ça, vraiment ? C'était l'hôpital qui se moquait de la charité. Enfin, si Loki pouvait être en quelque façon que ce soit associé à une vague notion de charité.

    « C'est assez drôle, venant de celui qui l'a amené ici en premier lieu. Les bons sentiments appartiennent à l'hospice, pas à Jotunheim, ni aux vainqueurs. »

    Il baissa les yeux vers sa proie : Victoire le regardait d'un air égaré, et surtout tremblant. Tremblant de peur, puisqu'elle semblait avoir pris conscience que non, cogner le méchant dieu appelé à la rescousse n'était pas une idée de génie, mais aussi et surtout de froid. Elle frissonnait de froid, avait la chair de poule, et n'était pas loin de devenir bleue comme un glaçon, pour des raisons bien moins naturelles que Loki. Elle lui avait dit être particulièrement sensible au froid.
    «  Je ne comprends pas ce qui est arrivé. Mais je ne serais pas un poids mort... Du moins, quand il fera moins... Froid.  » Prière exaucée, il pouvait peut-être faire quelque chose. Peut-être. Et au moins, il n'aurait pas une gamine geignarde sur le dos, ce qui présenterait une amélioration impressionnante par rapport à la situation actuelle. Loki détestait les geignards.

    Le dieu expira lentement une bouffée d'air glacé, avec un soupir un peu moins colérique. Il ne pardonnait pas. Il était toujours sur les nerfs, et il lui ferait payer d'une façon ou d'une autre. Il n'éprouvait même pas de pitié, chose dont il était dépourvu, mais il y avait quelque de vrai dans la remarque - Cela n'avait rien à voir avec la victoire et la conquête : la botte n'est pas en conflit avec la fourmi. Elle était trop petite, minable et humaine pour qu'il puisse être en colère contre elle. Elle ne valait pas l'énergie dépensée par la haine. Un dieu devait être savoir accordé quelque miséricorde à ses sujets. Il se détourna un instant du Mandarin pour déclarer d'un ton sec à Victoire, tout en triturant les attaches de sa cape :

    « - Tiens-moi ça. »

    Dire « tiens » ou « prends ça », lui aurait en effet arracher la gorge, même si l'idée était la même: l'asgardien détacha sa cape et la jeta au visage de la jeune femme. Cela lui tiendrait chaud le temps que le mandarin et lui définissent leur lieu d'atterrissage, et l'aiderait à se réchauffer par la suite, puisqu'il n'était pas certain qu'ils passent la soirée dans un lieu charmant, douillet et chauffé. Bien au contraire...Il était trop bon.

    Et à présent, il pouvait enfin se concentrer sur les choses sérieuses qui les attendaient : « Bien, nous pouvons dès maintenant nous rendre dans l’Enclave où Odin a banni Gerroed et sa horde. Elle se trouve aux confins d’Ygdrasil, là où résidait l’odieux serpent Nidhogg au commencement des temps. Là où le géant Ymir en personne fut terrassé par le noble Heimdall d’après les légendes. » … Génial. Loki voyait à peu près où c'était et pouvait effectivement les y téléporter sans trop de problèmes. Il devait cependant avouer qu'il ne crevait pas d'envie d'y aller. Enclave infernale, odieux serpent, encore des géants... C'était bien loin de sa retraite paisible au Burlesque. Loki resserra l'emprise qu'il avait sur le poignet de Victoire et se rapprocha du Mandarin, en grinçant, d'un air presque dégoûté :

     « - Très chers amis... »

    La téléportation fut rapide, efficace, sans douleur. Lorsqu'ils parvinrent dans la charmante Enclave, Loki lâcha enfin Victoire, et l'ignora pour faire un lent tour sur lui-même, observant les lieux. Le paysage qui les entourait avait, aux yeux de Loki, le mérite d'être déserté par les êtres humanoïdes. C'était calme, reposant, et il avait déjà assez de mal à supporter ses deux compagnons d'infortunes pour ne pas en plus s'infliger la compagnie de parasites inquisiteurs. Et il ne neigeait plus, permettant au dieu de reprendre une apparence parfaitement divine.
    « Je vous préviens, cet endroit est… comment dire… l’inverse d’Asgard. La demeure d’Odin se situe au milieu des vergers en fleurs et de la verdure la plus exquise qui soit, alors que la terre noircie de Gerroed donnerait des indigestions à Galactus. La demeure du dieu borgne est un palais d’or à nul autre pareil, la forteresse de Gerroed n’est qu’amoncellement de pierre triste. Les asgardiens sont des êtres raffinés et nobles, les soudards de Gerroed sont des rustres sans aucune manière qui s’habillent en peau de bêtes et casques à cornes. Bref n’en soyez pas troublé. » L'inverse d'Asgard ? Le dieu honnis ne pouvait que si plaire; Asgard ne lui avait apporté que du malheur, de la souffrance et de très mauvais souvenirs. Oh, bien sûr il considérait toujours Asgard comme sa maison, et il aurait beaucoup donné pour en être le roi légitime, et y retourner sans avoir à se dissimuler... Mais Asgard et ses habitants étaient bouffis de défauts. Loki éclata d'un rire sans joie, lança un air torve au mandarin, en murmurant :

    « - Raffinés et nobles ? Tu devrais les côtoyer plus souvent...S'ils sont encore plus rustres que mon frère, nous sommes dans... pire qu'une porcherie, puisque c'était déjà le cas à Asgard. »

    Le dieu eut une moue dégoûtée, rien qu'à la pensée de son cher et tendre grand frère. Oh bien sûr, cela était pure raillerie, puisque, effectivement les asgardiens était l'un des peuples les plus évolués, raffinés et délicats des neufs royaumes : il en faisait partie, après tout, et c'était toujours revendiqué comme l'un des leurs, malgré les relations difficiles qu'il entretenait avec la famille royale. Ils étaient des dieux, et étaient par conséquent supérieurs à toutes les autres races. Cependant, une éternité passé en leur compagnie donnait envie à Loki de se jeter avec brutalité contre un mur. Qu'est-ce que les Asgardiens pouvaient être stupides et obtus ! De la dorure, et des statues, oui. Mais de la magie, de l'élégance et de l'humour ? Il faudrait repasser. Son frère avait tout particulièrement des sales habitudes que les vikings du XI e siècle humain lui avaient refilé, c'était dégoûtant. Par bonheur, les bonnes mœurs enseignées par leur mère parvenait à le rendre... vivable.

    Contrairement à cet abruti de garde qui osait se dresser sur leur route. « Qui va là ! » Loki roula des yeux, déjà excédé. S'il n'y avait pas eu un tel objet et un tel pouvoir à la clé, il aurait déjà pris ses cliques et claques en laissant si possible deux cadavres sur sa route. Oui, l'un de ses compagnons de route et de vol était un ancien allié qui lui promettait la lune, et il avait embrassé la seconde seulement quelques jours plus tôt. Ces genres de relations n'avait jamais signifié grand chose pour lui, surtout dans l'état d'agacement et de mépris dans lequel il se retrouvait : les regards en coin qu'il lançait à Victoire n'étaient toujours pas des plus affables.

    « Surtout laissez-moi faire. » Le regard vert que Loki posa sur l'humain signifiait, sans la moindre incertitude : il y a intérêt, dépêche-toi. Franchement, est-ce qu'il avait eu l'air prêt à lever le petit doigt ? Hypnotiser le garde aurait sans doute pu lui simplifier le travail, mais il n'avait pas signé pour faire le boulot à la place du Mandarin et de l'humaine. Au contraire, il était plutôt curieux et impatient de voir comme le premier allait bien pouvoir se débrouiller. Et comment la seconde allait cesser d'être un poids mort et une offrande.

    Loki tendit donc l'oreille pour écouter vaguement le baratin que l'humain servait à la piétaille : « Nous sommes des voyageurs itinérants qui demandons le gite et le couvert pour la nuit à Gerroed le puissant. » « Et pourquoi donc je ferais baisser le pont-levis pour des miséreux comme vous ? » Très bonne question, Loki aurait été fier de ses propres gardes s'ils avaient réagit comme lui. Non, c'est vrai, regardez le Mandarin cinq minutes, on aurait plus dite un mafieux chinois en déchéance qu'un super-vilain en exercice ! « Mais parce que nous ne sommes pas n’importe qui ! Nous allons égayer le banquet de ce soir par nos multiples talents ! » « Ah ouais ? Vous faîtes quoi au juste ? » Mais c'est que la sagacité du monsieur augmentait de minute en minute ! Il allait finir par l'engager, tiens.

    Loki leva un sourcil inquisiteur, bien curieux de la réponse. Dans quoi est-ce que l'humain allait les engager, hum ? Qu'est-ce qu'ils allaient encore devoir inventer pour sauver leur peau et à quel jeu stupide le dieu allait-il devoir se plier ? « Eh bien moi, je suis Gunnar le barbu, le troubadour de Midgard comme vous pouvez le voir à ma riche étoffe, je connais de nombreux récits de batailles glorieuses. » « Et la fille là ? Elle fait quoi ? » Loki se retient de toussoter d'une manière assez perplexe à la première affirmation de super-vilain. Quoi, il y avait de quoi rire ! Cette aventure allait être déjà assez longue et pénible comme ça, autant qu'il trouve un maigre humour là où il le pouvait.

    La main du garde s'avança pour toucher Victoire, sans jamais atteindre son but. Non seulement le Mandarin chassa sa main à temps, mais Loki s'avança également d'un pas, s'interposant presque imperceptiblement entre l'individu et la jeune femme. Pas toucher. C'était toujours son jouet. Jouet qui lui avait lancé à la figure des propos non seulement insultants, mais aussi véritablement blessants, mais c'était toujours son jouet, et Loki était tout sauf un dieu partageur. Alors pas touche : Il avait presque tué la dernière personne qui avait fait ça, après tout .

    « Ça c’est Ursula la vierge, elle chante et elle danse. » « C’est tout ? » « Non, elle jongle aussi avec des épées. » Ah ça, pour être vierge, à son humble avis elle l'était ! Loki jeta un coup d'oeil en coin à la rouquine, se demandant soudainement s'il ne lui avait pas volé son premier baiser. Noooon, quand même pas ? Il était mauvaise langue... Ou pas justement, monsieur langue d'or, mais c'était pas gentil d'être aussi méprisant envers un petite bibliothécaire. Mais cela ne l'étonnerait pas tant que cela, et cela flatterait son égo. Il aimerait ça.

    « Et lui ? » … Quoi ? Loki reposa son regard sur le garde, se sentant brutalement concerné par l'interrogation. Et il n'aimait pas ça. Son regard s'assombrit pour devenir des promesses de mort alors qu'à nouveau les mains baladeuses du garde entrèrent en action, comme pour vérifier qu'il était bien là. Un regard peut tuer. « Surtout pas malheureux ! Si vous le touchez sans sa permission, il vous réduira en cendre ! » Excellente analyse, Mandarin éloigne cet uluberlu de moi, s'il me touche, anneau ou pas anneau j'en fais un ragout de rustre mal fagoté.
    Loki contemplait avec un air de mépris et de haine pure le soldat qui avait eu l'imbécilité de s'approcher, tentant de contrôler ses pulsions meurtrières. Son calme était mis à rude épreuve ce soir là. Il fallait cependant élaborer ici une nuance : Loki voulait réduire en poussière cet individu parce qu'il l'agacer et qu'il n'était que médiocre. Il voulait passer ses nerfs sur Victoire parce qu'elle avait touché une corde sensible. Il voulait enfermer le Mandarin au fond d'un trou sombre... parce qu'il était de mauvaise humeur.

    « Lui ? Mais qui c’est ? »« Allons, ne me dîtes pas que vous ne le reconnaissez pas ? Regardez plus attentivement son visage ! » Ce n'était pas la meilleure proposition jamais énoncée par le Mandarin. En fait, cela aurait même pu leur coûter assez cher, s'il n'avait pas été question d'un gars idiot. « Euh… » Il n'était qu'un simple soldat et n'avait jamais vu le visage du dieu, mais cela fit naître un problème dans l'esprit de Loki. Juste un léger détail à régler, facile comme tout à résoudre, mais auquel il ne devrait pas manquer de penser dès qu'ils auraient franchi la porte. Il connaissait ce peuple, ennemi des asgardiens depuis des générations. Odin avait banni leur roi, Thor lui avait écrasé la main, ou quelque chose de ce goût là. Et Loki était là, bien évidemment, comme il avait accompagné son frère dans toutes ses aventures toute sa vie durant.

    Il était resté dans l'ombre de Thor, une fois encore, et peut-être que pour une fois cela pourrait tourner à son avantage, dans le sens où l'on ne le reconnaîtrait ni lui ni sa magie. Mais l'ego de Loki craignait tout de même qu'un membre de la « famille royale » ne puisse tiquer devant son visage, si jamais ils se retrouvaient face à eux. Il corrigerait ça dès que cet abruti leur laisserait le passage. « Il s’appelle comment ? » « Chut malheureux ! Il ne faut jamais prononcer son nom ! » « A ce point-là ? » « C’est le terrible sorcier de la dimension noire ! Le chamane du seigneur Dormammu ! Ses pouvoirs magiques et ses sortilèges maudits sont effroyables ! » Oh mais qu'il s'occupe de ses oignons, le garde ! Loki eut un mouvement d'agacement qui passa dans ses épaules. Il commençait à saturer, et le rôle de sorcier maléfique lui irait à ravir si on ajoutait à la définition « particulièrement irritable, veut actuellement vous sectionner un membre ou deux ».

    « Excusez le maître, ce rustre ne pense pas à mal, il essaye juste de vous faire profiter de l’hospitalité des gens de sa condition. Il n’a pas les mêmes valeurs que vous. » Loki accorda un regard condescendant à l'homme, et se contenta d'avancer vers l'entrée qui leur était maintenant ouverte avec un dédain visible, correspondant merveilleusement à l'idée d'un mage noir drapé dans sa dignité. Il devait accorder cela au Mandarin : ils les avaient fait entrer et leur avait accorder un prétexte pour leur présence ici. C'était déjà un bon point.


    Les trois complices – c'était ce qu'ils étaient, après tout, au vu de leurs projets pour la soirée – pénétrèrent donc enfin dans le château qui se présentait à eux.Loki matérialisa au passage une nouvelle cape, d'un vert sombre mais surtout munie cette fois d'une capuche profonde qu'il s'empressa de rabattre sur son visage. Cela accréditait les fables racontées par le Mandarin, lui accordait une certaine tranquillité puisqu'une partie de son visage était dissimulée dans l'ombre, et cachait assez ses traits pour que personne, même ceux qui l'avaient déjà regardé en face, ne le reconnaisse au détour d'un couloir. « Ça marche ! Nous sommes dans la place ! Bien nous profiterons de la nuit pour fouiller les lieux et pour trouver dans quel donjon et dans quel coffre ils ont planqué l’anneau Draupnir. » Loki coula un regard au Mandarin, pas vraiment certain de savoir d'où il tirait son optimisme. L'éventualité de se retrouver en possession de l'anneau faisait peut-être briller ses yeux de convoitise, mais le fourbe dieu préférait garder en mémoire le fait qu'ils étaient bien loin d'en avoir terminé. Ils étaient entrés soit. Les jotuns aussi avaient réussit à pénétrer dans la salle aux trésors d'Asgard, ils n'en étaient pas pour autant ressortir avec un butin.

     « - Réjouissez-vous lorsque nous ne serons plus dans la place. »

    Cela allait être une longue soirée, et une longue nuit.

    De l'avis de Loki, la soirée surtout, allait être une pénible épreuve. Au moins, durant la nuit ils allait avoir du pain sur la planche et de multiples actions allaient devoir prendre place dans une discrétion maximum. Du vol, de la sournoiserie, de l'infiltration et de la fourberie. Loki aurait largement de quoi s'occuper.

    Mais ce soir... Un banquet. La perspective de voir les autochtones se goinfrer de manière peu ragoûtante des heures durant donnait d'ors et déjà la nausée au dieu. Il avait déjà du mal à supporter les festins asgardiens, et se distrayait la plupart du temps en jetant quelques sortilèges par-ci par là, jouant des mauvais tours aux petits camarades de son frère, parlant politique avec les rares personnes douées d'intellect de l'assistance ou en s'éclipsant avec un livre... mais alors ici ? Des bêtes. Thor s'efforcer au moins de faire semblant de manger proprement, même si cela échouait lamentablement après quelques pintes de bière.

    Dissimulé sous son capuchon, Loki contemplait l'assistance avec une moue de dégout imprimée sur les lèvres. Qu'on ne le touche pas, qu'on ne lui parle pas, qu'on ne lui demande pas de bouger ou de communiquer. Si c'était le cas, il finirait pas ne plus répondre de sa magie. Il était pour l'heure d'une immobilité presque parfaite, sa seule occupation étant de maudire, les uns après les autres, chacune des personnes sur lesquelles son regard se poser. La haine lui tordait le ventre, alors qu'il pianotait d'une main sur son genou, sans pouvoir sans empêcher. C'était ça ou bien la magie allait finir par lui sortir par les narines.

    Il entendait ses camarades parler à côté de lui, mais le brouhaha insupportable qui régnait l'empêchait de saisir convenablement leurs propos. Cela ne faisait qu'augmenter son agacement et son ennui. Et sa méfiance, mais cela était une autre histoire.

    Oui, il aurait pu en profiter pour faire un rapide état des lieux, pour se promener sans se faire repérer ou pour envoyer sa projection astrale dans quelque sombre corridor... Oui, cela aurait simplifié le travail de tout le monde, et aurait démontré sa bonne volonté dans ce qui était tout de même son intérêt direct. Non, il n'allait pas faire le boulot à la place de ses alliés de fortune

    Sa contemplation irritée fut troublée par le cri immonde de celui qui se disait roi. Loki s'y connaissait un minimum dans ce domaine, et tout ce qu'il voyait c'était un bestiau de bonne taille. Même un humain était plus royal que cet énergumène. « Toi le troubadour ! Viens donc nous raconter une de tes histoires ! » Le regard de Loki dévia légèrement vers le Mandarin. Est-ce que la supercherie allait survivre à baptême du feu ? « Voulez-vous entendre le récit glorieux de la charge du géant Ymir contre… » « Non je veux une histoire drôle. » « QUOI ? Par toutes les femmes du harem de Tony Stark! J'en connais aucune! » « Si tu ne nous fait pas rire, je t’étripe sur place. Tiens raconte donc une histoire drôle sur Thor, je hais cet enfant de salaud, regardez ce qu’il a fait avec son marteau sur ma pauvre main. » Prière de ne pas étriper l'individu que Loki avait ramené sur place spécialement pour voler cet abruti.

    L'asgardien se tendit légèrement, prêt à s'évaporer dans la nature pour laisser Mandarin jouer à l'amuseur public tout seul. Sans détourner le regard du Mandarin, il posa un instant sa main sur le poignet de Victoire, prêt à l'emporter – et à se venger d'elle en tête-à-tête – en dehors de cette salle aux effluves nauséabondes, mais se tendit et la relâcha dès que l'humain prit la parole : « C’est 3 humains qui observent une splendide tapisserie qui représente un épisode de la mythologie de Midgard, il y a Adam et Eve nues avec le serpent et la pomme. Le premier humain dit : regardez ce flegme et cette dignité, c’est sûr, ce sont les enfants de Loki ! Le second répond : Mais non, regardez comme ils sont jeunes et beau, ils sont les enfants de Sif. Le 3éme leur dit : mais non pas du tout, ils n’ont pas de vêtements, pas de maison, juste une pomme à manger et on leur dit que c’est le paradis, ils sont les enfants de Thor. »

    Loki éclata d'un bref rire moqueur, qui se mêla aux éclats de rire du reste de l'assemblée. Cette peuplade et lui avaient au moins un point en commun, leur haine profonde et inébranlable de l'imbécile dieu du tonnerre. Et un sens de l'humour qui n'était pas tout à fait mauvais. Habituellement, à Asgard les plaisanteries n'étaient jamais comprises, et encore moins lorsqu'elles abordaient l'enfant chéri du trône. Oui, le prince avait déjà fait l'expérience du manque regrettable d'humour et de second degré des dieux d'Asgard.

    « Et maintenant CHANTE ! » « Par toutes les femmes du harem de Tony Stark! Mais je ne sais pas chanter ! Ursula la vierge par contre pourra… » « NON ! J’ai dit CHANTE ! » Loki le sentait mal. Il ne pouvait pas imaginer une seule seconde une voix mélodieuse sortir de la gorge du super-vilain. Et, en effet, les...sons qu'émit le mandarin ne pouvaient pas ressembler à une chanson. Ils étaient plutôt du niveau du son produit par une truie dont on égorge le goret nouveau-né. Ou du braillement de Thor avant un combat. C'était même pire, en fait. Loki leva les yeux au ciel.

    « AAAAAHH !!! ASSEZ !!! c’est nul !! » Tout à fait d'accord. Comme quoi, Gerroed avait trois sous de jugeote luttant pour leur survie sous son crâne épais. « A vous ! Montrez-moi ce que vous savez faire ! » … Ou pas. Ils ne le feraient faire « quoi que ce soit ». Pas pour eux, pas pour cette assemblée minable. Jamais. Il était un dieu d'Asgard et ne s'abaisserait jamais à cela.

    Pour cela, il avait une méthode très simple, encore plus simple que de fuir la queue entre les jambes : foutre quelqu'un d'autre dans la merde, l'accuser à sa place et le laisser se dépatouiller tout seul, tandis que l'on est soit même du côté des vainqueurs et que l'on ricane sur la déchéance du bouc émissaire. Cette technique avait fait ses preuves : Loki se tourna vers Victoire avec un sourire presque innocent:

     « - Je crois que c'est à vous, très chère … »

    Il lui saisit le bras presque délicatement – en tous cas, il s'agissait d'un contact bien plus délicat et élégant que la dernière fois qu'il l'avait relevé – pour la faire se lever et se dégager de son siège. Il la fit pivoter, une main sur sa taille, pour qu'elle fasse face au tyran. Dans le mouvement qu'il lui avait fait faire, les vêtements de la jeune femme se modifièrent, pour laisser place à une tenue de danse hautement suggestive. Dans les tons verts, bien évidemment – oui le dieu avait une légère obsession pour cette couleur, mais ce n'était pas de sa faute si cela allait bien la rousse, voyons – et qui laissait très peu de place pour l'imagination. En fait, on pouvait même pas dire qu'elle était suggestive. Démonstrative plutôt.

    Qu'importe que les individus présents dans la salle n'y connaissent rien et que l'humaine danse comme un manche, à partir du moment où Ursula la vierge portait un soutien-gorge pigeonnant pailleté, et une longue jupe presque transparente largement fendue, cela devrait passer comme un Thor sur le Bifrost. Loki, se tenant alors derrière elle, se pencha et lui murmura à l'oreille, d'un ton presque doux, juste assez haut pour que seule elle et le Mandarin l'entendent :

     « - Prouvez que vous n'êtes pas un point mort, et que j'ai une bonne raison de ne pas vous ramener chez vous saine et sauve lorsque tout cela sera fini. Et je vous promets que je vous ramènerais et que tout ira bien. Maintenant, allez-y, sans rechigner. »

    Des illusions de deux jeunes femmes parfaitement identiques à la rousse se matérialisèrent de chaque côté d'elle, prêtes à imiter tout ce qu'elle ferait. Loki la poussa légèrement vers le tyran, tandis qu'il se rasseyait lui-même. Elle n'avait plus qu'à avancer et à faire son show, la vierge.
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MessageSujet: Re: 06 - Carnage Book   Sam 23 Fév - 12:24


    - Mandarin : Je ne crois pas qu’il soit bien utile de violenter cette jeune fille. Même quand je suis en territoire conquis je n’accable pas inutilement le vaincu.

    Victoire tourna la tête vers le Mandarin, un peu reconnaissance brillant au fond de ses yeux. Finalement, il n'était peut-être pas si méchant qu'elle l'avait cru. Enfin non ! Enfin, si, il était méchant. Peut-être pas à l'égal de Loki, mais il était un super-vilain, et n'allait surtout pas dire à un super-vilain qu'il n'est, justement, pas vilain, parce que pour eux ça risque de signifier qu'il est ''super-bon-à-rien'' – ce qui rime – même si ce n'était absolument pas là votre intention, et que vous étiez sincères dans vos propos. BREF, il était méchant. Affreux. Abominable. Même si, pour le coup, il remontait un peu dans son estime. Il compatissait, elle appréciait.

    - Loki : C'est assez drôle, venant de celui qui l'a amené ici en premier lieu. Les bons sentiments appartiennent à l'hospice, pas à Jotunheim, ni aux vainqueurs.

    Ah, oui, certes. Elle avait oublié un petit – tout petit – détail. Il fallait vraiment qu'elle se réveille, parce que pour ne plus se rappeler à cause de qui elle était dans cette merde, il fallait le faire. Enfin, cela n'empêchait pas que le Mandarin avait été compatissant, au contraire du dieu des méfaits, qui ne semblait pas décidé à faire preuve d'un peu plus de douceur envers son corps de pauvre Midgardienne. Et puis, c'était quoi cette histoire de vainqueurs et de vaincus, hein ? Elle le faisait cramer quand elle voulait. Et si les dieux ne prenaient pas feu, leurs habits, si, et ils auraient tôt fait de partir en fumée. Quoi que la pensée de Victoire ne s'égara pas jusque là ; son esprit était encore un peu trop embrouillé pour penser à de telles choses. Et puis, elle avait froid, comme elle venait de les faire remarquer, bien qu'elle ne douta pas que ses lèvres certainement déjà violettes parlent pour elle, d'une autre façon qu'avec la langue.

    Loki soupira, sa respiration formant un petit nuage de vapeur dans l'air glacial. Il semblait au moins s'être calmé, ne serait-ce qu'un peu. Tant mieux, ça la rassurait. Elle ne doutait pas qu'un jour où l'autre, elle allait payer cet affront, mais s'il pouvait ne pas être d'une humeur exécrable alors que la situation est déjà carrément pourrie en elle-même... Quoi qu'un peu améliorée par sa présence... Et bien, peut-être qu'elle finirait par apprécier le voyage. Elle ne remarqua qu'il avait lâché l'un de ses poignets que quand elle sentit le froid y raffermir son emprise. Ses yeux, qu'elle avait jusque-là gardé sur le visage de Loki, glissèrent sur son poignet libre.

    - Loki : Tiens-moi ça.

    Elle remonta son regard rapidement. Tenir quoi ?

    Bon dieu. Etait-elle encore en train de rêver, ou Loki était-il réellement en train de détacher sa cape ? Non parce que si c'était encore une illusion, elle en avait assez. Laissez-là crever dans son rêve ou bien cesser de lui en envoyer ! Elle comprit qu'il s'agissait bien de la réalité quand elle se prit le lourd morceau de tissus vert dans la figure. Un large sourire qu'elle ne tenta même pas de cacher – il l'était bien assez – s'étira sur ses lèvres alors que, soudainement réveillée, ses yeux pétillaient de joie. Sa cape. Il lui donnait sa cape. Bon, peut-être qu'elle pourrait à présent sortir de là-dessous ? En plus, elle avait l'air bien chaude. Victoire l'attrapa de sa main libre pour l'ôter de sa tête – elle serait tellement mieux et plus utile sur ses épaules – se décoiffant au passage. Il fallut qu'elle se tortille encore durant quelques longues secondes avant d'arriver à la mettre correctement, puis à l'accrocher de façon à ce qu'elle ne tombe pas, avant de se redresser, plutôt satisfaite. Elle essaya tout de même de garder un visage neutre, de peur qu'on la lui reprenne si on la voyait un peu trop heureuse. Ce qu'elle aurait aimé voir son reflet ! C'était un peu un rêve de gosse – qui n'a jamais voulu avoir de cape ? En plus, la cape d'un dieu, de son dieu favoris ! Tout de suite, la température devient plus supportable. C'est que ça réchauffaient bien, ces petites bêtes !

    - Victoire : Merci. souffla-t-elle alors qu'elle n'avait théoriquement rien à dire, puisqu'elle devait théoriquement juste lui tenir sa cape.
    - Mandarin : Bien, nous pouvons dès maintenant nous rendre dans l’Enclave où Odin a banni Gerroed et sa horde. Elle se trouve aux confins d’Ygdrasil, là où résidait l’odieux serpent Nidhogg au commencement des temps. Là où le géant Ymir en personne fut terrassé par le noble Heimdall d’après les légendes.

    Si Victoire n'avait suivit que grâce à ses quelques connaissances en mythologie scandinave acquises en lisant des Marvels l'Edda, elle ne voyait pas trop où ils voulaient encore la trimballer. Mais soit, elle avait l'arme fatale – ahem – elle pouvait bien les suivre jusqu'au bout du monde. Les doigts de Loki se resserrèrent encore sur son poignet, lui faisait serrer les mâchoires. Ses jointures allaient péter à force, et elle ne serait pas vraiment étonnée de voir sa main sauter directement aux pieds des Jotuns. Loki s'approcha du Mandarin en crachant quelques paroles pleines d'ironies, avant de les téléporter jusque dans un endroit totalement inconnu du bataillon, au moins pour la rousse.

    Le dieu des mensonges lâcha la bibliothécaire, qui attrapa son poignet et massa son articulation, à présent plus par réflexe car elle était alors totalement prise par son observation du paysage. Une terre aride et désolée. Le Mandarin fit un pas en avant avant de se retourner vers eux.

    - Mandarin : Je vous préviens, cet endroit est… comment dire… l’inverse d’Asgard. La demeure d’Odin se situe au milieu des vergers en fleurs et de la verdure la plus exquise qui soit, alors que la terre noircie de Gerroed donnerait des indigestions à Galactus. La demeure du dieu borgne est un palais d’or à nul autre pareil, la forteresse de Gerroed n’est qu’amoncellement de pierre triste. Les asgardiens sont des êtres raffinés et nobles, les soudards de Gerroed sont des rustres sans aucune manière qui s’habillent en peau de bêtes et casques à cornes. Bref n’en soyez pas troublé.

    Tout prendre en note, tout retenir. Les gens d'ici étaient de vrais porcs, en somme. Qu'elle ne soit pas étonnée par leurs manières discourtoises et, très certainement, sexistes. Machistes. Vois carrément perverses. Bref, c'était le paradis.

    - Loki : Raffinés et nobles ? Tu devrais les côtoyer plus souvent...S'ils sont encore plus rustres que mon frère, nous sommes dans... pire qu'une porcherie, puisque c'était déjà le cas à Asgard.

    Oh. Le jeune prince semblait être en colère contre son royaume. D'un certain côté, peut-être était-ce normal. A part ce qu'il y avait écrit dans les bouquins, elle ne savait pas grand chose de lui. Être adopté n'était certainement pas facile tous les jours, surtout quand on appartenait, à la base, au peuple classé ennemi N°1 de son royaume. Victoire ne dit rien, réfléchissant tout en avançant, emmitouflée dans la cape pour stocker le plus de chaleurs possible alors qu'ils avançaient vers une forteresse. Un soldat, qui en gardait visiblement l'entrée, les interpella.

    - Soldat : Qui va là !

    Bon, voilà qui commençait bien. Le Mandarin décida alors de prendre les choses en main, s'approchant de l'homme tout en lui disant d'une voix amical qu'ils n'étaient que de simples voyageurs itinérants demandant gîte et couverts pour la nuit. Victoire esquissa un léger sourire en écoutant l'échange d'une oreille distraite, occupée à observer l'architecture de la forteresse. Du moins, jusqu'à ce que quelques paroles ne la fasse tiquer.

    - Soldat : Et la fille là ? Elle fait quoi ?

    Ses yeux se posèrent immédiatement sur le garde alors qu'une petite loupiotte « Attention, danger » clignotait dans son esprit. Le soldat s'approcha d'elle en tendant sa grosse main sale pour la toucher, mais elle n'eut pas le temps d'esquisser le moindre de geste de recul que le Mandarin chassait la main curieuse et que – fait plus notable encore – Loki avançait d'un pas, comme pour s'interposer entre elle et l'homme. Un nouveau sourire naquit sur son visage. D'abord la cape, puis.. ça. Elle était plutôt gâtée, aujourd'hui, malgré ce qu'elle avait fait !

    - Mandarin : Ça c’est Ursula la vierge, elle chante et elle danse.
    - Soldat : C’est tout ?
    - Mandarin : Non, elle jongle aussi avec des épées.

    Victoire ouvrit de grands yeux pendant quelques secondes à peine et se mordit l'intérieur de la joue pour empêcher son visage de se décomposer. Malgré toute ses précaution, une certaine rougeur enflamma ses joues. Parce que, de un, pourquoi devait-on balancer sa sexualité à tout le monde, hein ? Non pas quelle soit... Enfin, si mais... Bref. Et puis ensuite, qui a dit qu'elle savait chanter, d'abord ? Certaines chansons du style « A la pêche aux moules », elle connaissait, elle arrivait à les chanter, pas de soucis. La chanson des Hobbits aussi. Mais elle n'avait pas besoin de beaucoup de voix pour ces petites chansons. Quand à la danse, elle devrait pouvoir se débrouiller. Elle en avait fait, tout le temps (ou presque) qu'elle vivait avec sa tante. « Un noble 'sport' de lady », à ce qu'il paraît. En revanche, pour ce qui est de jongler avec des épées. Gloubs. Donnez-lui des épées en bois, sauf si vous voulez qu'elle ne se suicide par inadvertance.

    - Soldat : Et lui ?

    Le garde tendit de nouveau sa main, mais en direction de Loki cette fois. Une fois de plus, le vieil oiseau eu un réflexe digne d'être applaudit et empêcha le soldat de faire l'erreur de sa vie, tout en trouvant une quelconque fonction qui plairait au dieu des mensonges. Parce que oui, comprenait, il n'y avait qu'elle pour faire la vierge ; il ne pouvait pas être puceau, non, même pas en mensonge ! Observant avec attention l'échange – toujours sans piper mots, pour une fois qu'elle était muette – Victoire put même remarquer le tressautement des épaules de Loki. Le dieu était agacé, et si le garde ne décidait pas de se taire sous peu, personne ne serait responsable de ce qui allait lui arriver.

    Finalement, il consentit à leur ouvrir la porte. Ils entrèrent tout trois dans la forteresse, le brun faisait apparaître une cape à [strike]puche[ /strike] capuche dans laquelle il cacha son visage.

    - Mandarin : Ça marche ! Nous sommes dans la place ! Bien nous profiterons de la nuit pour fouiller les lieux et pour trouver dans quel donjon et dans quel coffre ils ont planqué l’anneau Draupnir.

    Quel enthousiasme ! On aurait dit un jeunot de dix-huit pige allant en boîte pour la première fois. Même si l'aventure et le danger plaisaient bien à Victoire, cet endroit-là avec tous ces... Hommes barbares... ne l'excitait pas vraiment.

    - Loki :  Réjouissez-vous lorsque nous ne serons plus dans la place.
    - Victoire : A condition qu'on en sorte un jour... souffla-t-elle, plus pour elle-même que pour ses deux compagnons.



    Calée entre le Mandarin et Loki, Victoire se sentait en sécurité. Voyez toute l'ironie de la situation ; qui étaient les super-vilains ici ? Cette bande de barbares où, justement, les deux individus assis à ses côtés ? Toujours était-il qu'elle faisait confiance à Loki et qu'elle commençait presque à apprécier à peu près le Mandarin. Elle observait le roi, apparemment Gerroed, avec une expression de dégoût contenu, tout en notant les petits regards en coin qu'il lui lançait de temps à autre. Car, effectivement, il n'y avait ni dix, ni cent, ni trois mille femmes dans la salle. Non. Il n'y en avait qu'une, et ce n'était pas pour lui plaire, loin de là. Ils mangeaient tous comme des gorets pour ne pas dire autre chose, finissant à peine leur morceau de viande qu'ils en avaient déjà un autre en bouche. Victoire déglutit en baissant le regard sur son assiette. Son estomac était à la fois tordu de dégoût et criait famine. Seulement, elle avait l'impression que si elle essayait de manger, elle allait tout rendre immédiatement. Le Mandarin se pencha vers elle, la tirant de sa contemplation dégoûtée de son assiette pour chuchoter à son oreille :

    - Mandarin : Mon enfant, je me suis rappelé soudainement quelque chose tout à l’heure en entrant dans cet endroit, aucun Asgardien ne peut poser un pied en ce lieu, c’est une loi d’Odin, une puissante magie voulue par le père de toute chose fait barrière entre ce monde et Asgard pour éviter toute nouvelle guerre. Absolument AUCUN Asgardien ne peut franchir la barrière et pourtant Loki est là avec nous, attablé à participer à ce banquet. Je crois qu’il n’est pas ce qu’il prétend être, ce n’est pas le sang d’un Asgardien qui coule dans ses veines mais un autre. Il nous trompe, toi qui l’a déjà vu semble-t-il, es-tu bien sûr qu’il s’agisse de Loki ?

    Victoire fronça les sourcils. Quoi, comment ça ? Mais alors, si Loki avait été un vrai Asgardien, il serait... ''mort'' ? Ou du moins, en très fâcheuse posture ? Alors là, c'était pas gentil du tout. C'était ça, son plan ? Tuer Loki ? Le visage de la rouquine se détendit rapidement car, non, cela n'avait certainement jamais dû être le plan. Comment auraient-il fait pour rentrer, autrement ? Victoire tourna la tête vers Loki, dont le visage était toujours dans son capuchon. Le petit chaperon vert. Un fin sourire s'étira sur ses lèvres alors qu'elle se retournait vers le Mandarin.

    - Victoire : Oui, il s'agit bien de Loki, je n'ai absolument aucun doute là-dessus, et vous pouvez me faire totalement confiance. Certes. Elle pouvait toujours être une fillette naïve tombée sous le charme du vilain dieu des mensonges – ou son usurpateur – alors lui faire confiance... Elle se pencha un peu plus vers lui, se décidant à lui parler peut-être un peu plus qu'elle ne devrait afin d'être certaine qu'il la croit : Je suis une mutante, rt j sais quand on me ment. Or, il n'a pas mentit sur son identité ; il est bien Loki. De plus, il n'a jamais été un Asgardien, mais un Jotun. sa voix n'était plus qu'un souffle. Elle n'aurait pour rien au monde voulu que Loki entende ses paroles. Cela tendrait à expliquer que la barrière n'ai pas fonctionné.

    Un soudain cri fit sursauter Victoire. Gerroed demandait au ''troubadour'' de le distraire. A son tour d'offrir un regard compatissant – et légèrement apeuré – au Mandarin. C'était un peu le moment de vérité. Soit ça passait, soit c'était la mort de l'oiseau asiatique et, par extension, peut-être la sienne. Loki devrait s'en sortir, il n'était pas un dieu pour rien. Elle suivit le super-vilain des yeux alors qu'il se plaçait au centre du banquet. Durant l'échange tout d'abord mouvementé, la jeune femme se mordilla nerveusement la lèvre inférieur.

    Gerroed : Si tu ne nous fait pas rire, je t’étripe sur place. Tiens raconte donc une histoire drôle sur Thor, je hais cet enfant de salaud, regardez ce qu’il a fait avec son marteau sur ma pauvre main.

    Elle frémit légèrement à la vue de la main estropiée. Bon sang, sors-lui une histoire drôle, sors-lui une histoire drôle ! Elle sentit la main de Loki se poser sur son poignet, alors que sa tête faisait très rapidement l'aller-retour entre leurs mains, lui, et le Mandarin. Elle aurait bien voulu serrer ses doigts entre les siens, mais n'en eut pas le temps ; leur pauvre compagnon parlait et Loki rangeait sa main.

    - Mandarin : C’est 3 humains qui observent une splendide tapisserie qui représente un épisode de la mythologie de Midgard, il y a Adam et Eve nues avec le serpent et la pomme. Le premier humain dit : regardez ce flegme et cette dignité, c’est sûr, ce sont les enfants de Loki ! Le second répond : Mais non, regardez comme ils sont jeunes et beau, ils sont les enfants de Sif. Le 3éme leur dit : mais non pas du tout, ils n’ont pas de vêtements, pas de maison, juste une pomme à manger et on leur dit que c’est le paradis, ils sont les enfants de Thor.

    Le corps de la jeune femme se détendit alors qu'elle étouffait un petit rire. Toujours caresser Loki dans le sens du poil. Quel fervent lèche-botte ! Son rire était certainement plus nerveux que réellement amusé, car après tout elle aimait bien Thor, mais le résultat était le même. Toutes la ''joyeuses'' bande de vikings attardés s'esclaffa, alors que Gerroed ordonnait au Mandarin de chanter. Aïe. Sans savoir pourquoi, elle ne pouvait qu'imaginer le Mandarin chantant d'une façon encore plus affreuse qu'elle. Et puis finalement, qu'il chante ! Elle n'avait pas envie de s'exhiber devant cette foule, elle.

    - Mandarin : ♫♫♫ 强有力的增长我的东西的胡须最 ♫♫♫

    OH. MON. DIEU.

    Horreur. Heureusement qu'il avait fait cesser ça, le vilain roi ! - Vilain dans le sens affreusement laid. Qui, d'ailleurs, interpella Loki et la rouquine.

    Gerroed : A vous ! Montrez-moi ce que vous savez faire !

    Quoi ? Quoi ? Mais... Non ! Elle refusait. Catégoriquement. Berk. La jeune femme tourna la tête vers Loki, qui la regardait avec un sourire qui, d'après elle, n'annonçait absolument rien de bon car beaucoup trop innocent.

    - Loki : Je crois que c'est à vous, très chère …

    Ah non. Ah non non non ! Il ne pouvait pas lui faire ça ! Pourtant, elle le laissa faire quand il lui attrapa délicatement le bras pour la faire sortir de son fauteuil et que – une main posée sur sa taille (contact qu'elle appréciait, il fallait bien l'avouer) – il la fit pivoter face à Gerroed. Argh. Erk. Help.

    Un petit courant d'air lui fit baisser la tête et – Ooooh. La jeune femme pâlit avant de jeter un regard halluciné à Loki. Non mais franchement, c'était quoi cette tenue ? Il tenait à ce qu'elle fasse publiquement violer où quoi ? Tout à l'heure, quand elle avait pensé ne pas désirer s'exhiber en publique, ce n'était absolument pas ironique ! Loki se pencha et murmura à son oreille, de façon à ce que seul elle et le Mandarin entendent :

    - Loki : Prouvez que vous n'êtes pas un point mort, et que j'ai une bonne raison de ne pas vous ramener chez vous saine et sauve lorsque tout cela sera fini. Et je vous promets que je vous ramènerais et que tout ira bien. Maintenant, allez-y, sans rechigner.

    Ah ouais. En fait, son plan, c'était de la balancer dans la fausse aux lions seulement vêtue d'un soutient-gorge et d'une longue jupe fendue presque transparente, le tout dans les tons verts. Super plan. Elle approuvait. Et, Oh !, tien, deux autres Victoires qui apparaissaient à côté d'elle. Elle pouvait encore mieux observer dans quelle habits elle était à présent. Super. Génial. Magnifique. OH MAIS QUEL COCHON CE FOUTU DIEU.

    Victoire serra les mâchoires et s'avança vers le centre de l'assemblée, suivit de ses deux copies. Elle lança un regard désespéré au Mandarin et un, agacé, à Loki. Non mais franchement. Elle doutait tout d'abord que la danse classique l'aide ici. Au vu des chansons qu'ils avaient hurlés plus qu'autre chose un peu plus tôt, et surtout de part sa tenue, ce n'était pas vraiment ça qu'ils attendaient, non. Et de la hip-hop ? Non plus ? Dommage. Elle allait devoir s'y coller, alors.

    Les regards assoiffés des barbares devant elle lui tordaient le ventre. Elle devait danser, mais comment faire? Elle n'osait pas. Elle, la pauvre petite vierge effarouchée, se donner ainsi en spectacle devant ses abrutis en manque ? Et même pas l'ombre d'une femme pour poser sur elle un regard autre qu'irrespectueux et pervers ; compatissant et encourageant, non. De plus, le fait qu'il n'y avait aucune musique ne l'aidait pas non plus, ce que Gerroed du comprendre alors qu'elle restait immobile au milieu de la scène improvisée car, soudain, un orchestre de luth, de cornes, de tambours de guerre impressionnant et de trompettes, ainsi qu'une charmante harpes, malheureusement volé à une walkyrie, forma une musique symphonique, berçant les oreilles de Victoire. Et finalement, elle se dit que ses cours de danse allait peut-être lui servir. Loin de faire un remake du Lac des Cygnes, elle pouvait au moins faire une petite danse des îles à sa manière ?

    Doucement, elle ferma les yeux, gênée par tous ces regards et plus encore par ceux de ses compagnons. Et pourtant, la rouquine était bien décidée à prouver à ce cher Loki qu'elle pouvait le faire, qu'elle n'était pas ce poids mort dont on n'avait qu'une envie, se débarrasser, même si elle ne comprenait à ce moment pas vraiment en quoi tout cela leur était utile.
    Elle leva un bras, calmement, puis l'autre, faisant onduler lentement ses hanches. Il lui fallait oublier le reste, se concentrer sur la douce et pourtant tempétueuse musique barbare. Serrer les mâchoires, se tortiller avec le plus de grâce possible en priant pour le rythme de la musique guide son corps jusqu'à ce qu'elle soit à peu près à l'aise, comme quand elle était petite. Ou jeune. Heureusement pour elle, c'est ce qui arriva. Elle finit par pouvoir ouvrir les yeux, et même s'amuser à regarder ses copies effectuer les mêmes mouvements langoureux qu'elle exécutait en ne pensant plus que par la musique. Elle était plutôt fière d'elle, et elle espérait qu'il en serait de même pour ses compagnons de fortune ; qu'elle n'ai pas fait tout ça pour rien et qu'elle soit au moins féliciter sur son incroyable maîtrise de soi !

    Victoire faillit perdre toute contenance lorsqu'elle croisa sans l'avoir cherché le regard de l'homme qui servait de roi à ce peuple de porcs. Calme. On inspire, on expire.

    Gerroed : Approche, la vierge.

    Le ton était sec et il fallait croire qu'il n'aimait pas qu'on discute ses ordres. Bien. Elle s'avança donc d'une démarche souple, le coeur battant et l'estomac compressé.

    Gerroed : Vous me ferez le plaisir de passer la nuit avec moi.
    - Victoire : Ah-non-c'est-pas-possible. répondit précipitamment Victoire, arrêtant de danser par la même occasion.

    Le roi fronça les sourcils en se penchant en avant, alors la rouquine ouvrait de grands yeux.

    Gerroed : Comment ?! Pourquoi cela ne peut pas être possible ? gronda-t-il
    - Victoire : Eh-Eh-Eh.. Ben, euh...

    Vite. Trouver une truc, n'importe quoi. Son regard s'arrêta sur le Mandarin et Loki, et une étincelle de soulagement passa dans ses yeux. Ce regard, il puait la connerie. Mais c'était la seule chose qu'elle avait en tête, n'en déplaise au principaux intéressés.

    - Victoire : Le troubadour qui est là-bas est mon père. commença-t-elle le plus calmement possible en désignant le Mandarin. Il... Il m'a promise a... Bref... Et sur Midgard, nous observons une vieille tradition... Afin d'assurer la fertilité et... La... Vivacité des enfants à venir... La jeune promise doit rester vierge jusqu'à la nuit de noces...

    S'il fronça les sourcils, intrigué, il semblait tout de même assez idiot pour croire ce qu'elle venait de lui dire. Même John comprendrait que pour avoir des enfants forts, ça ne servait pas à grand chose de faire vœux d'abstinence jusqu'à la nuit de noces.

    Gerroed : Bien et, qui est ce futur mari ?

    Aïe. Elle pensait avoir réussit à éviter la fatidique question mais, non. Elle s'était réjouie trop tôt. Elle lança un très rapide regard désolé à Loki avant de se racler la gorge.

    - Victoire : Rrrmm. Et bien, j'ai... L'immense honneur de... D'être promise à... Au magicien qui nous accompagne...

    Victoire se tordait les doigts sous l'effet du stresse. A l'aide. Aidez-moiii. De son côté, Gerroed semblait intensément réfléchir.

    Gerroed : Et donc une fois cette nuit de noce passée, la vierge peut venir dans mon lit ? Si la jeune femme aurait put pâlir plus, nulle doute qu'elle l'aurait fait. Alors allez-y.
    - Victoire : Ah-aaah, mais... Non ! Il faut un endroit... Intime... Vous voyez ?
    Gerroed : Et pourquoi ?
    - Victoire : Pour que mon père puisse faire le rituel dans le calme.
    Gerroed : Parce qu'il regarde, lui ?
    - Victoire : Euh... Oui...

    Le roi esquissa un large sourire qui inquiéta la bibliothécaire, avant de décréter de sa forte voix :

    Gerroed : Vous aurez un endroit intime pour cette... Nuit de noces ! Et demain...

    Il éclata d'un rire gutturale, alors que la jeune femme se dépêchait de retourner à sa place, entre les deux super-vilains, les jambes toutes tremblantes. Elle réussit même à avaler quelques bouchées de l'étrange nourriture, n'osant regarder ni le méchant asiatique, ni le dieu des méfaits. Au bouts de quelques secondes, elle finit par rire nerveusement pour décompresser en soufflant :

    - Victoire : Et voilà, j'ai gagné un accès direct aux chambres !

    Son rire nerveux se calma lentement, alors qu'elle prenait une grande inspiration. D'ici quelques jours, si elle rentrait chez elle, elle rirait certainement de cette... Aventure. Pour l'heure, elle aurait juste aimé retrouver la cape de Loki, ou du moins des vêtements plus décents.
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Billy F. de Kerangal

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MessageSujet: Re: 06 - Carnage Book   Sam 23 Fév - 12:27

Le Mandarin a écrit:



C’est le regard ahuris que le Mandarin observa Victoire qui s’avançait vers l’assistance dans une tenue d’un tout autre aspect ! Cela lui rappela les danseuses du ventre du Baloutchistan. Que les esprits du Tao bénissent la magie de Loki ! Les nouveaux effets vestimentaires de la jeune femme étaient ravissants ! Ils soulignaient adroitement ses courbes alléchantes et le Mandarin resta de marbre mais pensa tout à coup à sa fille illégitime, cette Victoire lui rappelait les images fortes qu’il avait conservé de sa progéniture aujourd’hui disparut. C’est plongé dans ses souvenirs mélancoliques qu’il l’observa danser sans trop y prêter attention. Mais la voix grondante de Gerroed réveilla le Mandarin. Mais c’est que le lubrique roi voulait s’approprier la Rousse ? Il eut immédiatement encore plus l’air d’un ahuris, il semblait en proie à une hallucination cauchemardesque. Mais le pire vint avec la parade de la garce. Non seulement elle lui donna le rôle du père mais en plus Loki devint son gendre par la force des choses. On touchait le fond et… NON… SI… NON elle trouva le prétexte le plus foireux de toute la création, LUI devait assister à la nuit nuptiale pour confirmer les épousailles ?

Ouais bof, après tout, ils n’étaient plus à ça près au point où ils en étaient.

Le vieux barbu fit non de la tête en fermant les yeux et en foutant sa main sur son visage pour cacher son air affligé. Lorsqu’elle revint s’assoir auprès d’eux, le Mandarin la fixa d’un regard sinistre tout en tapotant ses doigts sur la table l’air de dire : tu ne perds rien pour attendre.

Le roi défait jadis par Odin se leva et annonça la fin des réjouissances culinaires. Mais alors qu’il se leva de son siège, le Mandarin se crispa et une lueur brillante apparut dans ses yeux, il échafauda aussitôt un plan machiavélique. On les conduisit dans la fameuse chambre réclamée par Victoire et on referma la lourde porte derrière eux.

« Ne perdons pas de temps ! Vous l’avez vu ? Ne me dîtes pas que vous ne l’avez pas vu ! Quand Gerroed s’est levé de son trône, il y a eu cette ficelle autours de son cou qui a bougé et m’est apparu clairement ! Il nous faut frapper vite et fort. Ma petite, approche donc un peu par ici et tend-moi ta main. »

Le Mandarin retira 5 de ses anneaux de ses doigts et les mis aux doigts de Victoire.

« Ecoute attentivement, le premier jette des éclairs foudroyants, le second projette des flammes effroyables qui carbonisent, le troisième des rayons d’énergies pouvant être explosifs et défaire la pierre, le quatrième envoie un rayon désintégrateur et le dernier jette de la glace douloureuse par la morsure du froid. Il te suffit de penser pour enclencher un pouvoir. Pense que tu veux bâtir un mur de glace autours de toi pour te protéger ou bien que tu veux foudroyer un ennemi par un éclair et pointe l’anneau vers la cible, ils feront le reste. Prend en soin, ils sont ce que j’ai de plus précieux après mon fils Temudjine et ma fille Sasha. »

Le Mandarin se retourna vers Loki avec un sourire aussi sardonique qu’inquiétant que le dieu n’aurait sans doute pas renié lui-même.

« Passons à la suite… il est temps de remercier notre hôte pour son hospitalité. »

Il se dirigea vers la porte et appela le garde en faction à l’entrée devant leur chambre.

« Holà ! Va donc quérir Gerroed immédiatement, nous en avons finis ici. »

« Quoi ? Déjà ? Mais c’est impossible !»

« Mais si, ne vois-tu donc pas que la garce et frigide et que le bellâtre est impuissant ? Ursula exige immédiatement la présence du roi, elle veut un mâle, un vrai, un beau, un dur, qui l’éblouira par la seule force de sa virilité. »

Le garde partit donc en courant et revint peu après avec Gerroed le visage ravit, un sourire large jusqu’aux oreilles. Le Mandarin, le regard plus narquois que jamais pointa son poing orné de bagues (les 5 dernières qu’il avait conservé) vers le roi et lui infligea une illusion des plus radicales. Le colosse tomba genoux à terre en hurlant et en se prenant sa tête entre les mains, puis beugla :

« AH ! NON ! Thor pitié ! Pas ma main ! Non pas le marteau ! »

Le Mandarin sortit son livre du Tao qu’il avait dissimulé dans son étoffe verte et prononça des paroles persanes. Aussitôt une dague courbée comme un cimeterre et ciselé de partout apparut dans sa main, avec elle, il décapita Gerroed qui s’écroula inerte au sol.

« Rien ne résiste à la morsure de la dague Kirghize ! »

Il se pencha vers le corps et sous les yeux du garde prostré et effaré par cette scène inattendus, le Mandarin arracha la fameuse ficelle autour du cou défait du roi mort et la tendis à Loki, au bout de la ficelle, pendait l’anneau Draupnir.

« Le voilà puissant Dieu, ce roi pingre était trop méfiant pour mettre un aussi puissant anneau dans un coffre, il le gardait sur lui, une chance que je l’ai vu, sinon on aurait fouillé le château toute la nuit comme une bande d’abrutis. »

Alors que l’anneau tomba dans la main de Loki, la lumière devint plus sombre, comme si les 9 mondes ressentaient le changement de propriétaire pour un artefact aussi puissant. A la seconde où l’anneau Draupnir entra en contact avec la main de Loki, à travers le cosmos, de multiples gens ressentirent l’évènement. Heimdall se retourna subitement vers les étoiles avec un air grave, Sur terre, Thor en lâcha son marteau sans vraiment savoir pourquoi. Odin depuis son trône se sentit défaillir, Thanos lui-même s’étrangla de rire en songeant que son ancien associé dévoyé venait de rentrer en possession d’une chose qui était encore plus puissante que le tesseract avec lequel ils avaient tenté de conquérir la terre.

« Et voilà, nous avons accompli notre part du marché, maintenant, déguerpissons de ce cloaque, direction le Bifrost, il me tarde de regagner la terre ! »

Le garde apeuré cessa de river son regard sur le cadavre du roi et observa Loki désormais en possession de l’anneau comme s’il était un démon sortit des enfers. Il détala dans le couloir en hurlant :

« Alerte ! Le roi est mort ! Ils ont l’anneau d’Odin ! Tout est perdu ! A la garde ! »

Le trio sortit à son tour de la chambre et fit irruption dans le grand hall. Une cinquantaine de guerrier de la horde de Gerroed ne tarda pas à surgir avec armures, épées et haches, parés pour le combat. Le Mandarin leur annonça sur la voix le plus froide et la plus belliqueuse qu’il ne lui eut été jamais donné de prononcé :

« Par toutes les femmes du harem de Tony Stark ! Reculez tant qu’il est encore temps, car rien ne résiste à la volonté du vieux, de la vierge et du furieux. »

Il regretta aussitôt les 3 derniers adjectifs, il aurait été beaucoup plus classe que la légende retienne plutôt : le barbus, la rousse et le beau-gosse. Quoique… non en fait ça se valait. Mais il faut croire que l’argument du Mandarin ne convainquit personne car la horde se mit à charger droit sur eux dans un cri de guerre générale et un carnage des plus confus commença :